Contester un licenciement

À jour en Décembre 2017

Écrit par les experts Ooreka
Avocat salarié et employeur autour d'une table

Le droit du licenciement est strictement encadré. En cas de non-respect des dispositions applicables, le salarié peut, pour différentes raisons contester son licenciement. En cas de licenciement injustifié, irrégulier ou nul, il peut notamment se tourner vers :

Important : le salarié devra veiller à respecter le délai de prescription. L'ordonnance n° 2017-1387 du 22 septembre 2017 relative à la prévisibilité et la sécurisation des relations de travail a voulu diminuer les délais de contestation suite à la rupture du contrat de travail. Désormais, « toute action portant sur la rupture du contrat de travail se prescrit par douze mois à compter de la notification de la rupture » (article L. 1471-1 du Code du travail, alinéa 2). Par exception, toute contestation portant sur un licenciement pour motif économique se prescrit par douze mois à compter de la dernière réunion du comité social et économique (article L. 1235-7 du Code du travail).

Contester un licenciement irrégulier, injustifié ou nul

La contestation d'un licenciement peut se baser sur 3 fondements différents, selon la nature des droits du salarié qui ont été bafoués. Ces fondements sont hiérarchisés de la faute la moins grave à la plus grave.

Licenciement irrégulier

L'employeur a commis - sciemment ou non - une erreur de procédure. Cette erreur peut fonder une contestation du licenciement par le salarié.

Il peut s'agir du non-respect des formes ou des délais de :

Licenciement injustifié

Le licenciement sans cause ou fondé sur une fausse cause est un licenciement injustifié : le salarié concerné peut le contester.

Licenciement sans cause réelle et sérieuse : il s'agit du licenciement qui n'est fondé ni sur un motif personnel, ni sur un motif économique tels que définis par la loi. À titre d'exemple, la Cour de cassation a jugé sans cause réelle et sérieuse, un licenciement qui a été notifié au salarié par une personne extérieure à l'entreprise (comptable, expert-comptable), alors que la notification du licenciement peut être signée uniquement par l'employeur ou un membre du personnel qui a reçu un mandat à cet effet (Cass. soc., 26 avril 2017, n° 15-25204).

Le licenciement est fondé sur une fausse cause lorsque les motifs invoqués par l'employeur dans la lettre de licenciement ne sont pas les motifs réels du licenciement.

Licenciement nul

Le licenciement peut être frappé de nullité en cas de non-respect de dispositions légales particulièrement protectrices. Il s'agit notamment du :

  • licenciement fondé sur un motif discriminatoire (orientation sexuelle, âge, apparence physique, religion, convictions politiques, activités syndicales, etc.) (article L. 1132-1 du Code du travail) ;
  • licenciement d'un salarié bénéficiant d'une protection particulière : représentants du personnel, salariés victimes d'une maladie professionnelle ou d'un accident du travail, femmes enceintes, pères dans les 10 semaines qui suivent la naissance de l'enfant ;
  • licenciement économique prononcé en l'absence de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) alors que celui-ci était obligatoire.

Contester un licenciement : 2 types de réparation du préjudice

Afin d'entériner le licenciement et de se protéger contre toute contestation ultérieure, l'employeur et le salarié peuvent conclure une transaction.

Le non-respect des règles applicables au licenciement expose l'employeur à des sanctions. Pour cela, le salarié doit former un recours auprès du conseil de prud'hommes.

La réparation du préjudice subi par le salarié, du fait du non-respect par l'employeur du droit du licenciement, prend 2 formes :

  • indemnisation : les juges octroient au salarié une somme d'argent dont le montant est :
    • fonction du préjudice ;
    • déterminé légalement dans certaines hypothèses ;
    • pour les licenciements notifiés avant le 24 septembre 2017 : le conseil de prud'hommes peut se référer à un barème indicatif pour fixer le montant des indemnités versées par l'employeur. Ce barème prévoit un minimum d'un mois de salaire (moins d'un an de présence dans l'entreprise) et jusqu'à 21,5 mois de salaire (à partir de 43 ans de présence) ;
    • pour les licenciements notifiés à compter du 24 septembre 2017 : le montant des indemnités est fixé selon un barème avec des montants minimaux et maximaux fixés par l'article L. 1235-3 du Code du travail.
  • réintégration : en plus, les juges offrent, dans certains cas, la possibilité au salarié d'opter d'une indemnisation partielle pour sa réintégration au sein de l'entreprise.

Bon à savoir : en cas de réintégration, le salarié doit rendre à l'employeur l'indemnité légale de licenciement.

Contester un licenciement : conciliation

En cas de litige et afin de mettre fin au contentieux, employeur et salarié peuvent décider d'y mettre un terme par accord lequel prévoit le versement par l'employeur au salarié d'une indemnité forfaitaire dont le montant est déterminé, sans préjudice des indemnités légales, conventionnelles ou contractuelles, en référence à un barème fixé en fonction de l'ancienneté du salarié (article L. 1235-1 du Code du travail).

Le montant de cette indemnité peut aller de 2 à 24 mois de salaire en fonction de l'ancienneté du salarié (article D. 1235-21 du Code du travail) :

  • 2 mois de salaire pour une ancienneté inférieure à 1 an ;
  • 3 mois de salaire pour une ancienneté au moins égale à 1 an, auquel s'ajoute 1 mois de salaire supplémentaire par année supplémentaire jusqu'à 8 ans d'ancienneté ;
  • 10 mois de salaire pour une ancienneté comprise entre 8 et 12 ans ;
  • 12 mois de salaire pour une ancienneté comprise entre 12 et 15 ans ;
  • 14 mois de salaire pour une ancienneté comprise entre 15 et 19 ans ;
  • 16 mois de salaire pour une ancienneté comprise entre 19 et 23 ans ;
  • 18 mois de salaire pour une ancienneté comprise entre 23 et 26 ans ;
  • 20 mois de salaire pour une ancienneté comprise entre 26 et 30 ans;
  • 24 mois de salaire pour une ancienneté au moins égale à 30 ans.

Bon à savoir : un simulateur mis en ligne par service-public.fr vous permet d'évaluer le montant des dommages et intérêts susceptibles d'être fixés par le juge prud'homal en cas de licenciement abusif, c'est-à-dire sans cause réelle et sérieuse.

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